VIM

Search Our Site

Les migrants sont de plus en plus nombreux à se déplacer aux points de distribution de repas mis en place par l’État. Dans le même temps, leurs tentes sont démantelées par les forces de l’ordre pendant leur absence. L’association Auberge des migrants dénonce cette double politique.

Après des débuts timides début mars, les distributions de repas, à Calais, dorénavant gérées par l’État – via l’association La Vie active -, sont de plus en plus importantes. Une centaine de migrants s’y sont présentés la semaine dernière, contre une dizaine les premiers jours. Moins de barbelés autour des points de distribution, moins de policiers, moins de journalistes, ont contribué à dissiper les réticences des migrants.

"Ça n'a cessé de progresser" depuis la mise en place du dispositif le 6 mars, assure Fabien Sudry, le préfet du Pas-de-Calais. "Il a fallu à la population un temps nécessaire d'accoutumance à une prestation qui est nouvelle", observe-t-il. Au total, jeudi après-midi, 280 barquettes ont été remises selon La Vie Active, sachant que certains migrants reviennent plusieurs fois ou prennent des repas pour leurs amis.

Si "les trois/quatre premiers jours étaient un peu compliqués, admet à son tour Stéphane Duval, directeur de La Vie Active, petit à petit, de plus en plus de repas ont été distribués. Des gens font encore de la résistance, mais globalement, il n'y a pas de problème."

"Quand ils sont revenus, leurs tentes avaient disparu"

Un constat que ne partage pas vraiment L’Auberge des migrants. L’association qui se dit "ravi que l’État prenne ses responsabilités à Calais", nuance cependant le bilan de la préfecture et de La Vie active. "Oui, ils ont retiré la présence policière, ils ont augmenté leurs points de distribution, ils ont fait des efforts, mais dans le même temps, ils démantèlent les campements aux heures de repas !", s’offusque François Guennoc, joint par InfoMigrants. "Ils avaient pourtant promis de ne pas le faire !"

Selon l’association, les forces de l’ordre ont détruit des abris, la semaine dernière, dans le "camp des Verrotières", où "logent" des centaines de personnes. "Les migrants étaient partis chercher leurs petits-déjeuners et quand ils sont revenus, leurs tentes et effets personnels avaient disparu", précise à son Loan Torondel, bénévole à l’Auberge des migrants et présent sur les lieux ce jour-là.

L’association - qui affirme que plusieurs de ses membres ont été convoqués au commissariat lundi 26 mars – précise que les forces de l’ordre leur ont interdit de re-distribuer des tentes aux exilés.