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Une vidéo montrant des migrants soudanais se faire torturer par des Libyens a été publiée ce week-end sur les réseaux sociaux. Des images violentes qui étayent les accusations de tortures formulées depuis des mois par les migrants passés par la Libye.

Ce sont des images difficiles à regarder tant elles sont d’une violence inouïe*. Après l’indignation suscitée mi-novembre par un reportage de la chaîne américaine CNN montrant des migrants réduits à l’esclavage en Libye, une nouvelle vidéo publiée dimanche 21 janvier met en lumière les tortures subies par les migrants coincés sur le territoire libyen.

Cicatrices, brûlures, contusions…

Sur les premières images, on voit un homme verser du plastique brûlé - et donc brûlant - sur le corps nu d’un migrant qui hurle de douleur. On aperçoit ensuite le corps de plusieurs hommes couverts de cicatrices et de brûlures.

Dans une autre séquence, un homme armé exhorte certains migrants à montrer leur visage à la caméra après qu’ils aient été visiblement battus. Leurs corps portent en effet les traces de maltraitance physique : brûlures, entailles, contusions… sur le visage, les bras, le torse ou les jambes. À leurs côtés, certaines personnes semblent inertes.

La vidéo a été tournée et mise sur les réseaux sociaux par des milices libyennes elles-mêmes pour forcer les familles à envoyer des rançons en échange de la libération de leur proche. Certains migrants ont été reconnus par des membres de leur famille. Ils sont d’origine soudanaise.

La vidéo est devenue virale en seulement quelques heures sur le continent africain. L’Union africaine (UA) a même réagi dimanche 21 janvier, indiquant qu’une enquête allait être menée.

La date de l’enregistrement n’est pas connue mais le manteau porté par un homme armé peut laisser penser que la vidéo date de cet hiver. Selon Ahmed Hamza, militant libyen des droits de l’Homme, qui a visionné les images, "l’accent d’un des geôliers" lui fait dire "que la vidéo a été tournée dans la région de Bani Walid [à une centaine de kilomètres au sud de Tripoli] où le trafic d’êtres humains y est légion", explique-t-il à InfoMigrants.

"On ne faisait que nous frapper"

Les accusations de torture commises par des milices libyennes ne sont pas nouvelles. Les nombreux témoignages de migrants passés en Libye qui arrivent quotidiennement à la rédaction d’InfoMigrants vont dans ce sens. En début d’année dernière, un jeune Guinéen nous expliquait déjà avoir vu des gens mourir de faim sous ses yeux. "On ne faisait que nous frapper", déclarait-il à l’époque alors qu’il était en sécurité en France.

"Le fouet, c’est le matin, le midi et le soir. C’est notre pain quotidien. Les Libyens nous battent tout le temps, sans raison", explique un autre migrant, d'origine camerounaise, recueilli sur l’Aquarius, après son passage en Libye. Souvent, les tortures sont enregistrées pour faire pression sur les familles.

Sur les réseaux sociaux, des Soudanais demandent la création d’une collecte pour payer la rançon et permettre la libération de ces migrants. D’autres refusent cette idée, estimant que les Soudanais vont devenir des cibles faciles pour les milices libyennes à la recherche d’argent facile.

Nous avons fait le choix de ne pas diffuser la vidéo.