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Les derniers chiffres de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) rendus public lundi 8 janvier révèlent que 100 000 personnes ont demandé l’asile en 2017. Parmi eux, de plus en en plus d’Albanais, de Guinéens, d’Ivoiriens et de Congolais. Des nationalités qui obtiennent difficilement le statut de réfugié.

En 2017, la France a enregistré un peu plus de 100 000 demandes d’asile, soit une hausse de 17% par rapport à 2016, selon les derniers chiffres de l’Ofpra, seule institution habilitée à statuer sur les demandes d’asile. Près de 43 000 personnes ont été placées sous la protection de l’Ofpra aux titres du statut de réfugié et de la protection subsidiaire.

L’an dernier, le premier pays d’origine des demandeurs d’asile a été l’Albanie, avec 7 630 demandes. Vient ensuite l’Afghanistan (5 987 demandes), Haïti (4 934 demandes), le Soudan (4 486 demandes), la Guinée (3 780 demandes) et la Syrie (3 249 demandes).

Les Albanais en tête

Une tendance plus ou moins similaire aux chiffres de 2016, où les Albanais, les Afghans, les Haïtiens, les Soudanais et les Syriens étaient également les nationalités les plus représentées chez les demandeurs d’asile. On note cependant une hausse importante des demandes des Albanais, le nombre de personnes qui ont demandé l’asile a en effet quasiment doublé en un an. Mais ce pays situé dans le sud-est de l’Europe étant considéré comme "d’origine sûre", l’Ofpra n’a accordé sa protection qu’à 6,5% de ces demandeurs. Ce phénomène "cyclique" et "lié à l’émigration économique", selon le directeur général de l’Ofpra, Pascal Brice, préoccupe les autorités françaises et albanaises, qui ont lancé cet été un plan d’action pour lutter contre les réseaux d’immigration irrégulière.

>> À lire sur InfoMigrants : Quelles sont les nationalités qui ont le plus obtenu l’asile en France en 2016 ?

Même constat pour les ressortissants guinéens qui ont été 3 780 à solliciter l'asile, soit un bond de 62%. Mais là encore, les Guinéens sont peu nombreux à avoir obtenu le statut réfugié ou la protection subsidiaire. À titre de comparaison, selon le dernier rapport d’activité de l’Ofpra, le taux d’obtention de protection des Guinéens pour une moyenne de 1 500 dossiers instruits ne représente qu’un peu plus de 28% (60% pour les Centrafricains).

En ce qui concerne les Haïtiens, si le nombre de dossier est stable par rapport à celui de 2016 (quasiment 5 000), seul 2,8% ont eu le statut de réfugié ou la protection subsidiaire en 2017.

Afghans et Syriens obtiennent plus l’asile

Comme en 2016, les ressortissants afghans représentent le deuxième plus gros contingent de demandeurs d’asile : près de 6 000 demandes ont été déposées en 2017 (soit une hausse de 6%) avec un taux d’acceptation de 83%. Mais les migrants afghans arrivés l’an dernier en France sont sans doute plus nombreux du fait du nombre élevé des "dublinés" parmi eux, notamment après un passage en Allemagne.

Malgré un taux de protection très élevé (95%), les Syriens, souvent arrivés via des programmes de réinstallation, ont en revanche été moins nombreux à solliciter l’asile en France l’an dernier, avec une baisse de 10%.

Avec 4 486 demandes, les Soudanais restent eux aussi parmi les plus importants demandeurs d’asile - même si ce chiffre a chuté de 24% par rapport à 2016 – avec un taux d’acceptation de 59,6%.

L’Ofpra note cependant une forte progression des ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest et francophone, notamment des Ivoiriens dont le nombre a plus que doublé parmi les demandeurs d’asile et des ressortissants de RDC. "Cela reflète le phénomène des traversées via la Libye vers l’Europe", a commenté à l’AFP Pascal Brice.

Enfin, l’Ofpra précise que le délai moyen d’attente des demandeurs d’asile est « tombé à près de trois mois, deux fois moins qu’en janvier 2015 », et assure poursuivre « ses efforts pour atteindre en 2018 l’objectif des deux mois » fixé par Emmanuel Macron.