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L’accès à l’eau potable : un défi en milieu rural ; cas de la localité d’Esse au Cameroun

L'usage des puits d'eaux traditionnels

L’eau c’est la vie ; cette  affirmation a pleinement son sens en Afrique. Continent le plus pauvre et qui dispose d’importantes ressources en eau. En effet le sous sol  africain recèle 660.00 kilomètres cubes  de réserves d’eau. Selon les spécialistes, cette ressource est cent fois supérieure à la quantité d’eau en surface. D’après le rapport publié au cours du 13eme congrès de l’Association Africaine de l’Eau  tenu en Algérie  sous le thème : Eau et assainissement : quelles stratégies pour relever les défis du millénaire ? un tiers  de la population africaine soit 330 millions, n’a pas accès à l’eau potable et presque la moitié des africains souffre des problèmes de santé dus au manque d’eau potable.

Au Cameroun, cette réalité est sans commune mesure  frappant à la fois la population des zones urbaines ainsi que celles des zones rurales. Un signe majeur qui atteste  du retard dans le développement et de la pauvreté  du pays. Dans la mesure où l’eau potable, élément vital à l’épanouissement de l’homme vient à manquer criarde ment dans ses zones situées à la lisière du centre urbain

 Par un après midi ensoleillé  et à l’heure où les jeunes de son âge se repose, Grace Fallon, élève en classe de CE2 à l’Ecole Publique  d’Esse, Région du Centre/Cameroun, doit répondre au rendez vous de l’or bleu. Derrière sa brouette, trois bidons qu’elle va devoir ranger le long d’une colonne où attende déjà plusieurs autres. C’est là, la réponse à l’équation pour accéder à l’eau potable dans cette localité de la Mefou Afamba. Ce fait traduit le casse tête chinois auquel est confrontée la population d’Esse Ville pour accéder à l’eau potable.

Bilounga Judith Natacha est élève en classe de troisième au Lycée Bilingue d’Esse, sa journée ne se termine jamais sans ce rituel qui lui commande un détour par le forage situé à l’Ecole Primaire Publique d’Esse Ville. Nous l’avons suivi.

La foule aussi compacte que les récipients est à l’abonné présent. Dans ce quartier, c’est le seul point d’eau potable qui est disponible. Fruit de la coopération entre Plan Cameroun- Projet Eau Potable Otele et la Communauté Villageoise d’Esse, ce puits est placé sous la direction d’une gérante qui veille à son  bon fonctionnement.

 Bilonga Judtih Natacha

Après de longues minutes d’attente,  c’est autour de Judith Natacha de passer à la pompe. Pour ce bidon d’eau, elle devra débourser la modique somme de 25fcfa et cravacher dure sur le guidon de la pompe. Que ne faudrait-il pas faire pour avoir de l’eau potable ? C’est avec le sourire et munie du précieux liquide que cette dernière regagne son camp où l’attende, deux de ses camarades de classe à qui elle partage volontiers sa trouvaille.

Selon des chiffres de la Banque Africaine de Développement, il faudrait que l’Afrique consacre l’équivalent  de 11.5 Milliards d’euros par an pour créer ou renforcer des infrastructures de distribution et d’assainissement d’eau. Si l’eau existe, certaines nappes  sont enfouies en profondeur rendant délicat et coûteux tout projet de forage.

L’eau est peut être la vie, mais elle peut aussi tuer. En Afrique, les solutions et aménagements de l’eau sont nombreux, cependant on néglige son traitement, souvent trop cher pour un pays pauvre. Aujourd’hui le continent fait des progrès  sur l’eau potable mais son transport et les moyens  de stockage constituent une éventuelle contamination de l’or bleu. L’eau potable étant difficile à offrir  pour les dirigeants, l’hygiène de vie des populations abandonnée à des pratiques peu recommandables avec l’usage d’eau de puits traditionnel est à pointer du doigt.

C’est le risque que prend la population du Centre urbain d’Esse, à la faveur de la vieillesse des bornes fontaines installées respectivement derrière les locaux de la Sous- Préfecture et du Centre de Santé Intégré. La dernière goutte d’eau qui en est sorti date de plusieurs années aujourd’hui. Tant qu’a faire, l’usage de l’eau de puits traditionnel reste l’ultime recours ainsi que les désagréments qui vont avec. Ce chapelet d’inconvénients n’est pas sans compter avec les problèmes de santé dus au manque d’eau potable.

A l’hôpital de District de Santé d’Esse Ville, le problème des maladies lié au manque d’eau potable n’est pas nié ; même si les cas ne sont pas toujours enregistrés, la situation demeure préoccupante nous confirme le Chef  Bureau de Sante du District d’Esse, Monsieur Mvogo Emmanuel.

Pour pallier à cette situation des efforts son consentis par son personnel au niveau d’Esse Ville pour sensibiliser la population, sur les maladies dues à la consommation d’une eau non potable.

De même  le maire de la Commune, Monsieur Ambroise Evina Ebah  n’est pas indifférent à ce problème, qu’il a d’ailleurs pris à bras le corps et pour lequel des stratégies ont été entreprises. En attendant les meilleurs jours, l’autorité communale ne lésine pas sur les moyens de sensibilisation à l’effet d’attirer l’attention des populations  sur les risques qu’elles encourent avec la consommation de l’eau non potable.

Au milieu de ce tableau pas toujours gai, les populations d’Esse Ville ne perdent aucune notion sur les qualités d’une eau potable.

Voyez là, le vœu pieu des hommes et femmes qui ne désirent qu’avoir la possibilité d’accéder à l’eau potable. C’est là aussi leur droit.