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Pendant longtemps, leur dénomination s’apparentait à des pays au développement handicapé, avec des difficultés du point de vu économique, social et politique insoluble. Aujourd’hui, leur développement depuis d’ailleurs une trentaine d’année, après avoir empruntés pour la plupart, la voie tracée par les 4 dragons d’Asie, ils ont rejoints, voire dépassés les pays dits développés, non sans soulever une vague d’inquiétudes ? Les raisons du malaise.

Généralement considéré comme pays en développement, ces pays localisés habituellement dans l’hémisphère sud de notre planète, sont caractérisés par à fort potentiel de croissance, qui participe d’une réduction de la pauvreté avec la naissance d’une classe moyenne en augmentation exponentielle et qui booste l’économie. Le développement d’un tel pays devient autoentretenu du fait d’un marché intérieur en essor permanent qui tire sa dynamique d’une demande intérieur importante.

Les inquiétudes habituellement occasionnées par tout phénomène nouveau, sont ici amplifiées par des changements qui aujourd’hui donnent un visage polycentrique au monde moderne actuel.

Prenons l’exemple des échanges économiques internationaux, selon la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) dans son rapport annuel pour 2014. Les chiffres dévoilés à partir des études macro-économiques, nous présentent une économie effectivement dominée par les pays émergents, où l’écart entre l’Asie et l’Afrique malheureusement se creuse chaque jour un peu plus.

En Afrique, cette montée en puissance amène avec elle de réels motifs d’inquiétude. L’une des révélations de l’étude de la CENUCED fait état de ce que jusqu’en 2014, une grande partie des pays en voie de développement l’Afrique y compris, ont subit une forme de rejet. Certes un contexte géopolitique défavorable pourrait expliquer ce qui se passe réellement, mais si l’Afrique subsaharienne a quelque peu résisté comparativement à l’Afrique du nord, d’une manière générale, le continent attire de moins en moins de capitaux. Le contexte actuel, explique pour l’essentiel la situation, occasionnée par le terrorisme, les tensions de l’Islam extrémiste et autres revendications sociopolitiques. Or, parmi les pays émergents, se trouvent en bonne place des puissances économiques, industrielles et financières en parfaite rupture avec les leviers de contrôles traditionnels de la France qui ont permis jusqu’à présent à l’Afrique de se concentrer sur l’essentiel. Avec les pays émergents, très agressifs en Afrique, la liberté d’expression, la démocratie, le soutien en direction de la société civile pour la lutte contre la pauvreté n’apparaissent pas souvent en tête de liste des conditionnalités qui, habituellement figure sur les feuilles de route des financements octroyés.

Avec des exportations de plus en plus agressives, les pays émergents forts des excédents commerciaux engrangés, se font des revenus colossaux à l’instar de la Chine avec ses 3000 milliards de dollars de réserves. Avec ce bas de laine, la Chine peut s’offrir et obtenir des pans entiers de l’économie des pays africains. Cela va des concessions minières et forestières, aux licences de pêches, en passant par des contrats publics.

Jusqu’ici tout semble normal. Mais à regarder de plus près, on se rend compte que les inquiétudes et autres motifs qui fâchent sont parfaitement justifiés. Avec les licences de pêches les chalutiers utilisés pour ce faire sont instrumentalisés dans un système qui intègre les filets de pêches sur de longues distances où tout est ramassé, du menu fretin jusqu’aux gros poissons. La pratique a des répercussions terribles à long termes ; après le passage des chalutiers les eaux africaines mettront du mal à se reconstituer en poissons pour de longues années après le passage des chinois.

En ce qui concerne les concessions forestières, les licences accordées le sont en marge de toute exigence environnementale, ou d’exigences en matière de transformation locale ; ne serait-ce que pour créer des emplois locaux. Dans le cadre des contrats publics, en ce qui concerne le domaine du bâtiment et des travaux publics, les entreprises chinoises réalisent des marchés pour des édifices sans embaucher les techniciens locaux, sans transfert de technologies. Les fournitures livrées ont des signaux non traduits, les installations sont faîtes et livrées sans services après vente de relais organisés localement. Voilà un peu le visage de ce partenariat léonin que nous imposent certains de ces puissances émergentes.

Regroupés dans les BRICS, un acronyme nouveau qui désigne le Brésil, la Russie, L’inde, la Chine et l’Afrique du Sud, il s’agit d’un regroupement d’environ 40% de la population mondiale. En face d’eux, une Afrique fragilisée par son besoin de financement pour le développement de ses infrastructures et de son économie. Peu ou mal préparée, l’Afrique a en face des partenaires très peu soucieux de la préservation de ses intérêts à court et moyen termes. Entre temps, dans leur appétit vorace, les pays émergents s’arrachent toutes les matières premières, les produits alimentaires, s’offrent les terres agricoles pour moins que rien. Plus loin, les objectifs du millénaire de croissance sont foulés aux pieds, au mépris des textes sur le commerce équitable.

Avec la croissance chinoise, les observateurs avisés s’inquiètent de plus en plus au regard des pressions exercées sur les ressources minières très souvent exploitées au rabais, et des pratiques inavouables et inavouées érigées en règle. Il y a lieu d’indexer les abus que ce développement accéléré provoque et entraine, en ce qui concerne l’émission de gaz à effet de serre, le pays n’ayant pas ratifié le protocole de Kyoto, et la pollution des fleuves. Le pays pratique l’art de la « guerre pacifique » inspiré de la philosophie du sage Sun Tzu. Selon lui, il ne faut pas chercher à anéantir l’ennemi mais établir sur lui un ascendant et le maintenir, de la sorte que l’usage de la force s’avère inutile, puisque « l’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat ».

Un pays comme la chine, l’un des plus redouté parmi les pays émergent, n’oublie pas avoir été un grand empire qui a subi les affres de la domination occidentale. Et si aujourd’hui, le pays entend se libérer de ce joug occidental, elle ne perd pas de vue un certain désir de revanche et veut affirmer sa puissance jusqu’à bouleverser l’ordre mondiale traditionnel établi. Il, y a lieu de prendre au sérieux qu’à long terme l’Empire du Milieu a tout à fait la capacité de passer de la guerre idéologique à la guerre tout court. Le pays le plus peuplé de la planète au-delà de ses capacités économiques et des alliances politiques qu’elle peut s’offrir, a les moyens de développer une puissance militaire stratégique et de premier ordre, partant de ses effectifs qui avoisinent le 1 500 000 soldats actifs.

La concurrence avec les anciennes puissances coloniales est lancée en Afrique. L’engouement pour le continent qui jusqu’à tout récemment encore entretenait des rapports de partenariat de qualité avec des pays comme la France et la Grande Bretagne, menace les avancées réalisées sur le plan démocratiques, au-delà de l’épée de Damoclès actuellement suspendue sur l’offre en matière première et les ressources naturelles.

Par Marcel Ndongo Ah.